Introduction
En écologie, les facteurs biotiques représentent l’ensemble des interactions du vivant sur le vivant dans un écosystème
Opposables aux interactions abiotiques, les relations biotiques font partie intégrante des éléments écologiques d’un écosystème spécifique.
La compétition pour les ressources alimentaires, des relations trophiques de
prédation, coopération, mutualisme, Neutralisme, Amensalisme, commensalisme,
symbiose, parasitisme, etc. concrétisent ces relations
Ces relations peuvent s’observer entre les individus d’une même espèce
(relations Homotypique) ou entre les individus d‘espèces différentes (relations Hétérotypiques)
Les effets dans les relations
Des Effets de groupe caractérisés par des modifications qui interviennent chez les individus de la même espèce vivant en groupe pour la défense et l’accès aux
ressources du milieu.
Il a été mis en évidence chez de très nombreux insectes (criquets) ainsi que chez les vertébrés (oiseaux-mammifères).
Des Effets de masse : Caractérisé, à l’inverse de l’effet de groupe, par le fait que les individus de la même espèce se gênent entre eux. Il y a alors surpeuplement.
Dans ce cas l’agressivité des individus augmente ; la fécondité des femelles
diminue et l’on assiste à des actions suicidaires collectives (ex: cannibalisme,
Consanguinité, Perte de chaleur faute des compétitions entre les mâles)
Chez les animaux, la concurrence s’établit pour la recherche de la nourriture, des abris, des lieux de reproduction, et d’une façon plus générale pour la conquête et la conservation du territoire.
La plupart des espèces territoriales n’en interdisent l’accès qu’à leurs congénères.
L’association culturale prise, actuellement, comme solution contre les menaces des changements climatiques couplés à la dégradation des sols et à la disponibilité
limitée des terres agricoles, les cultures et les animaux coévoluent sous des
relations écologiques
La maitrise de ces interactions permet d’obtenir de nettes augmentations des
productions agricoles tant en quantité qu’en qualité
Peut-il y avoir antagonisme ou mutualisme ou les deux à la fois dans ces
associations?
Quelles associations sont à privilégier en milieu cultural tropical?
Composantes positives
Pollinisation :
Les abeilles et autres insectes
pollinisateurs favorisent la pollinisation des plantes, ce qui augmente les rendements
des cultures.
Interaction entre animaux – Cultures
Contrôle des nuisibles :
Les oiseaux et certains insectes prédateurs, comme les coccinelles, aident à contrôler les populations de ravageurs qui menacent les cultures.

Contrôle des nuisibles :
Les oiseaux et certains insectes prédateurs, comme les coccinelles, aident à contrôler les populations de ravageurs qui menacent les cultures.
Certains coléoptères longicornes consomment les Asclépiadacées sécrètrices d’alcaloides, un acide contre les plantes
Les passiflores produisent des composés secondaires toxiques particulièrement
dans les jeunes pousses.
Les papillons Heliconius dégradent ces composés grâce à des enzymes
digestives.
Celles-ci se concentrent dans leurs tissus. Ainsi l’insectes est protégé contre ses prédateurs grâce à des couleurs d’avertissement.
Le papillon monarque stocke des
glycosides. Les chenilles se nourrissent
de plantes toxiques contenant des
glycosides et arbore des couleurs
d’avertissement (les glycosides sont
très amères).
Les pressions de sélection s’exercent :
certains oiseaux savent dissocier ces
deux papillons. Du coup, le vice roi
ressemble de plus en plus au monarque.

Guêpes : Souvent perçues comme nuisibles, certaines espèces de
guêpes jouent un rôle important dans la pollinisation et le contrôle
des populations d’autres insectes nuisibles.
Abeilles : Connues pour leur rôle crucial dans la pollinisation des
fleurs, la production alimentaire et la biodiversité.
Chrysomèles vertes contribuent à la régulation des populations de
nuisibles en se nourrissant de certains types de plantes.
Mante religieuse : Prédateur redoutable, la mante religieuse aide à
contrôler les populations d’insectes nuisibles dans les jardins.
Carabées : Ces insectes se nourrissent de larves et d’autres
nuisibles, jouant un rôle clé dans la santé du sol.
Coccinelles : Réputées pour leur capacité à manger des pucerons,
les coccinelles sont des alliées précieuses pour les jardiniers.
Coadaptation
Lorsque les plantes sont attaquées par un phytophage, on va avoir des dégâts mécaniques et émission d’odeurs de l’herbe coupée.
Lorsque la chenille mange la feuille, elle met en contact de la salive avec la plante dégradée.
Cette salive va être le signal qui va permettre à la plante d’émettre des odeurs induites, qui vont attirer
les parasitoïdes qui va venir parasiter la chenille.
Ces odeurs sont très spécifiques, il en existe une multitude.
Les parasitoïdes concernés ont un système sensoriel très développé.

Certains végétaux comme l’Ipomopsis aggregata broutée par des cerfs compensent
le broutage en produisant plus d’inflorescence (biomasse plus importante)
Une plante broutée donne 87 nouvelles plantules
Une étude a montré que la salive d’élan augmentait encore la production de
branches (+ 110% de branches produites 3 mois après la taille et l’application de
salive d’élan).Des saules broutés par des Elans produisent d’avantage de branches.
Les plantes carnivores ou plantes pièges : poussent dans des endroits pauvres en substances nutritives et humidité importante grande richesse en insectes.
Elles attirent les insectes par des odeurs, des colorations vives, des sécrétions de nectar
Coller l’insecte ou le faire tomber dans un piège rempli d’enzymes digestives ou de bactéries (il va être absorbé par les feuilles à la fin).
Engrais naturels :
Les déjections d’animaux (celles des oiseaux ou des
rongeurs) enrichissent le sol en nutriments.
Aération du sol :
Les associations stimulent dans la rhizosphère, nombreuses relations symbiotiques qui améliorent la résistance des plantes aux stress abiotiques
Les Phytonématodes (bactériophages, fongivores et phytoparasites) sont des bio-indicateurs des sols.
Les vers de terre et d’autres animaux du sol dégradent la matière organique du sol, améliorent la structure de celle-ci, favorisant l’absorption d’eau et de nutriments.

Composantes en coévolutions
Les microorganismes telluriques
interviennent dans diverses transformations biologiques en contrôlant biologiquement les bioagresseurs et la biofertilisation
figurent les Champignons Mycorhiziens à
Arbucules (CMA) et les Rhizobacteries
Promotrice de la croissance des plants
(PGPR)
Makiso (2025) dans son étude sur les associations culturales à Beni/RDC, a
recensé Cinq espèces de CMA sur les bananiers associés aux autres cultures :
Glomus glomus, Rhizophagus irregulare, Gigaspora margarita, Scutellospora ovalis et Acaulospora scrobiculata.
Pour les cultures associées, la densité des CMA a varié de 360 à 555 spores /
100g de sol, respectivement sur le haricot et sur le taro.

L’intensité de mycorhization des souches de bananiers a varié de 9 à 26% et celle
des cultures associées de 31 à 38%.
Cpdt, dans les associations comportant le taro en présence du sorgho, les
bananiers ont présenté des intensités de mycorhization plus élevées.
On constate que les espèces des Champignons Mycorhiziens à Arbucules
réagissent diversement aux propriétés physico-chimiques des sols.
La proximité du manioc réduit la fréquence des CMA sur les bananiers tandis que celle du taro et/ou du sorgho l’augmente. Celle du haricot l’influence moins.
Les cultures du taro et du sorgho en association avec les bananiers contribuent à l’augmentation de la fréquence des CMA sur ce dernier, contrairement au manioc
L’abondance de ces CMA a été influencée par les modalités d’associations culturales.
Dispersions de graines :
Les insectes, les mammifères, Oiseaux, pollinisateurs aident à la reproduction des arbres en transportant le pollen.
Les frugivores (les écureuils) et les oiseaux dispersent les graines, favorisant la régénération des arbres.
Habitat et refuge :
De nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères utilisent les arbres comme habitat, contribuant à labiodiversité.
Les excréments d’animaux enrichissent le sol autour des
arbres, favorisant leur croissance.
Composantes Négatives
Consommation de feuilles :
Les chenilles et certains insectes peuvent
défolier des arbres, les mammifères broutent les bourgeons, les rongeurs s’attaquent aux collets des jeunes plants diminuant leur santé.
Pour lutter contre ces pressions, les plantes utilisent des défenses chimiques (toxines,
répulsifs, antiappétants…) ou des défenses physiques (épines, piquants,…)
Compétition
Les racines d’autres plantes ou lianes peuvent concurrencer les jeunes arbres pour l’eau et les nutriments.

Ver de tomate : Ce ravageur s’attaque aux plants de tomates,
causant des dommages importants aux cultures.
Acariens : Petits, mais nuisibles, les acariens peuvent causer
des dégâts aux plantes en suçant leur sève.
Vers de choux : Ces larves se nourrissent des feuilles de choux, entraînant des pertes importantes pour les agriculteurs.
Limaces et escargots : Ces mollusques sont connus pour dévorer les jeunes plants, ce qui peut nuire gravement aux récoltes.
Mouches blanches se nourrissent de la sève des plantes et peuvent transmettre des maladies.
Pucerons : ils sont souvent associés aux mouches blanches et peuvent causer des dommages aux cultures.

Transmission de maladies :
Certains insectes, comme les pucerons, peuvent transmettre
des maladies qui affectent la santé des arbres (sa croissance
et sa résilience) .
Dégâts physiques :
Les animaux, comme les rongeurs endommagent l’écorce de
certains arbres, ce qui peut entraîner des infections capables
d’affecter la qualité du bois
Les oiseaux foreurs endommagent le bois. Ils lui créent des
défauts réduisant la qualité du bois parfait
Cpdt, l’intéraction Acacia cornigera/ Pseudomyrmex sp ; les
fourmis se servent des domaties de l’arbre comme abri pour
leur nourriture. En échange, elles le protègent contre les autre
organismes qui vont sur l’acacia.
Transmission de maladies :
Les animaux peuvent être porteurs
de maladies qui affectent les
cultures, comme certaines maladies
fongiques.

Dégâts physiques
Les grands herbivores (les cerfs ou les
sangliers, vaches, chèvres….. ) peuvent
causer des dégâts en broutant ou en
piétinant les cultures.

Composantes Négatives sur l’environnement
Au delà de la déforestation qui précède
l’établissement de pâturage et de la
dégradation des terres résultant des
piétinements, la pollution des terres et
des eaux par la production excessive de
déchets animaux.
L’incorporation au sol ou le rejet dans les eaux de surface de ces déchets provoque
une accumulation d’éléments fertilisants,
notamment de l’azote et du phosphore, dont l’excès menace l’équilibre biologique et la santé humaine.

Les abattoirs, par ex; qui opèrent souvent dans des environnements urbains, libèrent de grandes quantités de déchets dans
l’environnement. Il en est de même pour
certaines industries de transformation des produits d’élevage.
Conclusion
Les relations entre Animaux et Végétaux sont bel et bien observées dans les associations culturales en coévolution ou en coadaptation
Celles-ci peuvent être des interactions antagonistes ou mutualistes
Les changements évolutifs réciproques dits gagnants aboutissent à une
amélioration de fitness respective d’où un profit à la meilleure production agricole.
A l’inverse, la Course évolutive désavantageuse est au détriment du cultivateur, malgré la lutte de certains organismes pour ne pas être mangé et de s’adapter aux adaptations de ces antagonistes
Pour ce, le choix d’espèces associables pour une coévolution positive est
fondamental pour rassurer de la réussite des agroécosystèmes.
Par C.T Msc. Janvier MAYANI
Maitre en SGIE-GRN-UB
Spécialité: Evaluation Environnementale
jkmayani01@gmail.com
ISEAVF/Butembo, le 02 Juillet 2025